15/04/2014

Guerre froide: un arrière-goût de réchauffé!.

Ukraine,Crimée,Russie,Europe,USA.

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Ukraine-Russie: Cynisme et amnésie occidentales?.


Sans remonter aux invasions et colonisations menées par l'Occident qui ont valu aux populations conquises leur lot de massacres, soumissions, esclavages et pillages de ressources, on peut quand même éviter de répéter, sans réfléchir, ce que politiciens et médias nous assènent comme vérités "bibliques", à savoir que la Russie de ce "méchant" Poutine fait preuve d'ingérence intolérable en contrôlant la Crimée, région russophone qui, depuis son annexion offerte par Khrouchtchev en 1954, a toujours réclamé et obtenu en 1992 un droit à l'autonomie et qui, en négociation entre Ukraine et Russie est une base militaire importante pour cette dernière.
Parler de de négation des principes du droit international à l'inviolabilité des frontières lorsqu'il s'agit de pays hors influence-joug occidental mais considérer que le droit des peuples à l'autonomie, la sécession n'est louable que lorsque ceux-ci exprimeraient un désir plus ou moins manipulé de rejoindre les valeurs dites démocratiques n'est ni défendable ni très reluisant en termes d'équité et d'égalité des droits.
Qui a parlé du Kosovo?.
Et cette aspiration à la soi-disante liberté, au vu des résultats contraires, vaut aussi pour la Lybie, l'Irak, l'Afghanistan et probablement la Tunisie voire l'Egypte.

Alors, quand ce sont les "occidentaux" qui poussent des cris d'orfraie en fustigeant une tentative de maintien d'une influence non moins illégitime que celle qu'ils ont exercé à Kiev pour renverser ce, il est vrai, très incompétent pion russe de Ianoukovitch, on se devrait de poser la question, en tant que citoyen libre doté d'un minimum de discernement et ceci vaut aussi pour les médias, en principe objectifs et factuels, de savoir ce qui autorise tant de gesticulations et de communiqués offusqués de la part de politiciens occidentaux qui ont en commun d'avoir, non pas tenté de maintenir, stabiliser une situation dans une région, pays proche en frontières et en aspirations culturelles et politiques de par une histoire liée, commune, mais bien d'être, en ce qui concerne nos bisounours du politiquement correct, responsables de l'invasion militaire de pays dans des régions, sur des continents où, hormis par néo-colonialisme, ils n'ont rien à y faire surtout qu'en termes d'ingérence, le nombre de morts ou la dévastation matérielle et environnementale qu'ils laissent derrière eux, sans avoir d'ailleurs rien résolu!, devrait, a minima, les inciter à plus de modestie voire de discrétion à défaut de responsabilités!.
On pourrait aussi se demander en quoi un référendum exercé par des russophones majoritaires au sein d'une ex-province russe est moins conforme au droit international que la décision d'un pouvoir ukrainien auto-proclamé, non élu, issu d'un véritable coup d'état alors que constitutionnellement parlant, seul le président élu Ianoukovitch pourrait infirmer ou confirmer cette "sécession"!.
Mais ce dernier, certes à ne pas regretter, n'étant plus le bienvenu auprès des européens, son autorité n'est tout simplement plus à prendre en compte!.

Anecdotique mais aussi interpellant que d'entendre les véhémentes protestations d'associations de "défense des libertés" et autres politiciens en mal de visibilité à chaque provocation vulgaire et hystérique des Pussy Riot sur des sujets sans intérêt et dans le même temps de constater leur silence assourdissant au vu de certaines interpellations musclées, disproportionnées parfois, lors de manifestations citoyennes pour des sujets liés à la vie en famille, en commun ou sur des promesses politiques non tenues et des incessantes hausses d'impôts sans qu'il y ait, hormis dans les mots, une baisse des budgets de fonctionnement d'un appareil d'état libre et démocratique...

Expansionnisme européen

Au fil des élargissements plus conditionnés par des subventions, obtentions d'avantages financiers et commerciaux que d'adhésions idéologiques, politiques sans oublier la libre circulation moins des capitaux, déjà plus ou moins réelle, que des personnes qui permet aux uns de se "débarasser" de populations pauvres, d'ethnies non intégrées à la nation d'origine et aux autres d'accueillir, tant bien que mal, ces mêmes populations qui viennent la plupart du temps gonfler les listes d'attente en termes de droits à des avantages divers qui peuvent paraître pour les européens insuffisants alors que pour ceux qui les demandent, ils sont la garantie d'une vie nettement meilleure que s'ils étaient restés dans leurs villages, villes qui les ont vus naître.

L'idéologie euro-politique est particulièrement et si peu discrètement...orientée vers l'affaiblissement constant de l'ex-URSS devenu Russie.
Ceci, en faisant miroiter qu'au travers d'une image de vie plus libre, plus facile, un avenir meilleur est possible pour ces populations suffisamment instruites mais, il est vrai, soumises durant des décennies à des régimes idéologiques autoritaires pour ne pas dire dictatoriaux.
Là où cela devient quelque peu paradoxal, c'est que cette volonté européano-occidentale est aussi idéologique que celle qu'elle est censée combattre notamment lorsque celle-ci reste aveugle et sourde devant les exactions, emprisonnements politiques, privations de libertés essentielles ou régression des droits des femmes, p.ex en Turquie sous prétexte que cela contribue tant à l'encerclement de la Russie qu'à un supposé potentiel lien commercial et pacifié Orient-Occident.
Alors qu'en matière de continent européen, tant géographiquement que militairement en termes de puissance mondiale, le rapprochement en partenariat privilégié voire adhésion avec la Russie eût été essentiel et à conclure avec respect mutuel responsable plutôt que démonstration de mépris et critiques puériles de dirigeants qui, visiblement, ont fini par croire ce qu'ils disent surtout quand ils font le strict opposé de ce qu'ils imposent à d'autres et feignent de ne pas s'en rendre compte!.

Manichéisme et instrumentalisation

Par "charité", on évitera de copier ici les réponses voire insultes de ceux qui, en réponse à l'analyse INFOTOX pointant les interventions et massacres occidentaux tous "légitimes" à l'inverse de manoeuvres éhontées des russes et des chinois, eux aussi, souvent en proie aux critiques au moindre geste d'un moine tibétain, font remarquer que toutes les contributions aux libertés démocratiques, avec les résultats désastreux qui s'ensuivent, l'ont été à la suite de demandes faites par des rebelles, opposants aux régimes qui, après des décennies de bonne collaboration, ne plaisaient plus à l'Occident.
A ces tenants de la "légalité onusienne", on rappellera, ce n'est pourtant pas si ancien, que Ianoukovitch fut, en son temps, chaleureusement félicité par l'Union européenne pour son élection démocratique alors qu'en fait, l'Union y voyait surtout une première brêche dans le bloc russe.
Bien sûr, il ne devint dictateur que lorsqu'il se détourna de l'Europe pour demander à la Russie de lui venir en aide pour mater ces "rebelles" qui contestaient sa légitimité apparemment perdue, comme par hasard au moment où devant le chèque substantiel russe en regard de l'aumône européenne, l'Ukraine s'apprêtait à tourner le dos à l'Europe!.
Dans certains cas, ce genre de demandes liées au respect de la légitimité du pouvoir en place auraient suffi à d'autres pour intervenir au nom de la restauration du droit démocratique.
Soulignons simplement que l'attribution du label "démocratie" est l'apanage exclusif des puissances occidentales.

Imaginons un instant d'inverser les rôles et de se demander quelle aurait été la réaction occidentale si Ianoukovitch cette fois pro-européen avait été renversé par quelques milliers d'habitants "protégés" par des miliciens d'extrême-droite (qu'ils étaient) armés sur une place de la capitale ukrainienne mais cependant non représentative de toutes les régions de ce pays.
N'aurait-on pas alors protesté au sein des plus hautes instances de ce qu'il n'était pas légitime qu'un président élu démocratiquement soit ainsi chassé par une faction violente et extrêmiste récupérée par quelques "élites au moins aussi corrompues que les précédentes" qui se sont installés au pouvoir tout en promettant (sésame pour l'obtention de toute aide matérielle, financière européenne) de nouvelles élections libres!.

Pour les (ir)responsables européens, la Russie de Poutine est à la manoeuvre d'un plan diabolique de remembrement voire d'annexion de l'Ukraine et, en dépit de quelques rares reportages dans lesquels, images choisies, on peut entendre les craintes de citoyens ukrainiens essentiellement russophones que, bien vite, les médias mais surtout les politiciens occidentaux nous présentent non pas comme des manifestants qu'ils étaient face à Ianoukovitch mais comme des terroristes ou des miliciens russes face à ce qui n'est toujours qu'un pouvoir totalement illégitime.
Comment oser prétendre que l'Europe, adossée aux USA, n'est pas à l'origine de cette tension alors même que dans les faits, on rappellera que l'aide matérielle et financière en vue d'accords commerciaux était de l'ordre de centaines de millions assortis de conditions drastiques sous le précédent (et toujours seul élu) président alors qu'elle semble inconditionelle et illimitée en milliards d'euros pour ce régime provisoire actuel.
Comment, dès lors, s'étonner de la déstabilisation qui s'en suivit pour aboutir au chaos actuel dont, et cela aussi est plus que compréhensible, inquiète le voisin direct qu'est la Russie qui n'a pas vocation à devoir accepter sans réagir toute intégration, financièrement achetée, à la zone euro!.

Comparaison n'est pas raison mais notons aussi que la population en démocratie n'a droit de s'exprimer et d'imposer sa volonté que si celle-ci reflète les décisions de ses dirigeants certes élus qui se prévalent pourtant d'une écoute et d'un service aux citoyens presque sacerdotique...
Pour exemples de démocratie, on se rappelle des votes français (par 2 fois) opposés au Traité européen ou plus récemment les menaces de rétorsion économique et politique de l'Union européenne à l'encontre de la Suisse du fait d'une votation limitant le flux des étrangers.

Sauf à considérer, comme certains le font en Irak ou en Iran que d'un côté, il y a Satan et de l'autre des anges, à ceci près qu'on est toujours le Satan de quelqu'un et que celui-ci a la fâcheuse tendance à se placer systématiquement dans le camp opposé!.
Alors, un peu de subtilité dans les analyses politiques, un peu d'objectivité lors de la décortication d'excuses et d'arguments à tel ou tel mouvement purement géo-stratégique qui ne sont pas, contrairement à ce qui est toujours avançé comme seule justification bisounoursienne, le bien des peuples!.

En d'autres mots, que l'Occident veuille défendre, préserver ses intérêts, sa suprématie financière-économique contestée, rien n'est plus normal et même honorable, mais qu'il le fasse au seul nom de la défense des libertés démocratiques et l'aspiration légitime des populations à une vie meilleure revêt un caractère hypocrite, presque religieusement idéologique.

Mise au point et Conclusion

A ceux qui, à tort, pourraient assimiler cet article à de l'anti-occidentalisme ou américanisme primaire comme on peut en lire (enfin, si on aime les formules vides de sens, mal orthographiées) sur les forums ou réseaux sociaux qui, la plupart du temps, sont postées par des individus "issus de régimes autoritaires, théocratiques" mais, depuis, confortablement installés derrière leur écran pc ou tablette et à l'abri de toute privation de libertés comme ils l'encoureraient s'ils étaient encore résidents de seconde zone de ces pays dans lesquels, faut-il insister sur ce point, seuls les proches et/ou corrompus oligarchiques de ces régimes sont autorisés à faire fortune en moins de temps qu'il n'a fallu pour écrire ce sujet et à "blanchir" l'argent de ces détournements de fonds considérables bienvenus dans quelques régions sélectionnées de pays occidentaux qui, ici, font preuve de nettement moins de vigilance en termes de droits de l'homme, au moins le temps que ceux qui dépensent et investissent ne sont pas en opposition avec les dirigeants en place le temps des dictatures.
Finalement, on pourrait presque en conclure que pour les riches, moins le pouvoir est démocratique et plus vite leur fortune sera constituée et contrôlée alors que pour les pauvres, sans la protection des droits essentiels, le minimum de confort ne peut être garanti que par la démocratie et la meilleure preuve en est l'immigration galopante.
Regrettable, mais ce n'est pas le propos de cet article-ci, que les (pour ne pas dire: la) religions viennent perturber cet équilibre des droits et devoirs au sein même des démocraties laïques.

Alors, en conclusion, évitons le raisonnement simpliste et intellectuellement faussé par l'idéologie qu'en matière de droits internationaux, l'ingérence des uns n'est légitime que si celle-ci émane du seul "camp" occidental qui ne s'immiscerait dans les politiques des autres non pas au nom de la défense bien comprise de ses seuls intérêts mais, par pure charité (non chrétienne...), au nom des plus faibles, à condition que ceux-ci le soient exclusivement dans l'autre "camp"!.
Une fois de plus, il serait utile (on peut rêver!) que les citoyens qui, tous ne sont pas obligés d'être des idiots patentés guidés par des "élites" politiciennes, fassent comprendre à certains de ceux-ci que le temps où leurs décisions d'ingérence dictées par idéologie et non pas en raison d'analyse objective, impartiale des faits, est compté et que tout comme n'importe quel responsable de société privée, ils auront à assumer les conséquences néfastes, dommageables de toute erreur avérée due à un aveuglement collectif conséquent à une manipulation ou désinformation volontaire.

 

Cet article est sélectionné sur AGORAVOX.

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04/11/2006

Russie, le retour.

 

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Russie, le come-back

Ce grand pays que la majorité des américains et des européens estiment revenu au rang de moyenne puissance du fait de l'éclatement de l'Union soviétique et dont la zone d'influence s'est considérablement réduite pourrait très prochainement nous surprendre par une "vitalité" subitement retrouvée.

Tel l'ours blessé, la Russie, après un mouvement de repli destiné à reconcentrer ses forces en affichant dans les années Gorbatchev et encore Ieltsine un profil plutôt conciliant, défend à nouveau des positions notamment en matière énergétique et minière digne d'un pays conscient de sa splendeur retrouvée.

 

Pour l'anecdote, à l'image du jeu d'échecs, rappelons-nous qu'en matière de stratégie, les russes n'ont à recevoir de leçons de personne.

 

Poutine vladimir, Président de la Fédération de Russie sait à merveille jouer la fermeté dans sa gestion des affaires intérieures en n'hésitant pas à écarter toute personne ou groupe susceptibles de compromettre les desseins parfois obscurs du maître du Kremlin.

A titre d'exemple, revenons sur l'arrestation arbitraire de Khodorowski et le procès qui revisitait les plus belles heures du régime totalitaire soviétique et qui permit le "placement" dans un goulag de Sibérie de celui dont les succès économiques trop voyants ont fait craindre à la présidence russe qu'il n'envisage une conquête politique du pouvoir suprême.

 

Profitant habilement de la dialectique américaine quant à la guerre contre le terrorisme, une répression sévère se poursuit en Tchéténie sans que cela ne suscite guère de reportages de la part de la presse internationale et ce n'est pas l'assassinat récent de la journaliste Politkovskaïa qui incitera les agences de presse à envoyer de nouveaux correspondants, d'autant que le sujet ne passionne guère.

Preuve que la Russie joue à présent un rôle de premier plan et qu'une bienveillante méfiance s'installe à nouveau est la remise par le Président français à Mr Poutine de la décoration de Grand Croix dans l'Ordre de la Légion d'Honneur.

 

Europe-Russie, une erreur de stratégie.

L'Europe, dépourvue de Constitution, après une rapide annexion des pays "satellites" de l'ex URSS s'incline résolument vers la Méditerranée en programmant une entrée future de la Turquie.

Après la chute du mur de Berlin, au moment où un rapprochement avec la Russie visant à une intégration eût été possible du fait de l'affaiblissement évident de ce pays, la politique européenne s'est déchirée entre la volonté de chacun de ses états de conserver un maximum d'autonomie de gestion nationale dans un monde globalisé et la manipulation habile des Etats-Unis qui,bien vite, ont compris le danger de voir émerger une entité que l'adhésion de la Russie aurait placé à la tête des super-puissances .

De ce point de vue, le coût économique exorbitant des dernières entrées dans l'Union européenne complété par l'antagonisme religieux et culturel que représentera l'entrée prochaine de la Turquie dont l'appartenance, ô hasard, à l'OTAN,organisme finançé et contrôlé par les USA achèvera l'impossibilité de gouverner efficacement ce puzzle d'états.

 

Conclusion

 

Une fois encore, l'absence d'une vision ambitieuse d'avenir a réussi à maintenir l'Europe au rang de puissance moyenne permettant au reste du monde dans lequel la Russie retrouvera, avec l'accord tacite des autres "maîtres du monde", un rang que nous aurions pu partager en sa compagnie au même titre que nous avions en commun avec ce pays un ensemble non négligeable de valeurs historiques et politiques sans oublier d'anciens liens familiaux bien plus évidents que ceux qui nous relient à la Turquie.

Il est peu probable qu'une telle opportunité ne se représente jamais.

 

 

 

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