15/03/2013

Mémoires d'un enfant...unique (3).

 

Adulte,Moi,.

Adulte...

 

Adulte

Le passage dans la vie d'adulte se fait (enfin) grâce à l'entrée dans le cycle universitaire.
Autant, comme pour la plupart des individus, l'enfance et l'adolescence, même heureuses, sont peu ou prou soumises à certaines contraintes liées au jeune âge forcément inexpérimenté dépendant de l'environnement familial et de l'autorité parentale, autant ce saut dans la vie estudiantine est synonyme de découvertes de libertés tous azimuts surtout lorsque jusqu'alors, on a le sentiment d'avoir été quelque peu surprotégé au sein d'un cercle familial assez restreint.

Et il faut bien avouer que pour Christian les études supérieures représentent bien plus un formidable tremplin vers son épanouissement sexuel, relationnel que le moyen de réussir une carrière dont les contours étaient, dans sa tête, déjà bien définis dès l'âge de 14ans.
En cela, qu'ils s'agissent des candidatures en droit ou en sciences commerciales auxquelles s'ajoutera une année dans une école de commerce dont la fréquentation fut inversément proportionnelle à celle passée en de féminines compagnies ou, à défaut, sur différents courts de tennis et autres activités ludiques.

Dès ses 18ans, il reçut de la part de ses parents "sa" première voiture, emblême de liberté de mouvements et possibilités de déplacements agréablement accompagnés de filles, copines ou copains d'autant que pour encourager son parcours universitaire, son père qui n'avait pas qu'une brique dans son ventre mais bien plutôt tout un mur... lui alloua un étage complet dans une de ses maisons.
Ceci dit, les projets du père et de son fils restèrent contradictoires et cette opposition fut telle que l'essentiel de la communication entre ces deux caractères forts et entiers ne passait plus que par le canal diplomatique de la mère-épouse!.

Aussi, lorsque Christian asséna à son père dépité que jamais il ne reprendrait sa société mais qu'il en créerait une ou plusieurs par ses propres moyens et capacités, celui-ci se résigna à prendre enfin plus de temps pour ses loisirs et surtout profiter du calme et de la beauté des paysages aux alentours d'une villa construite à la campagne.

Parmi les buts que l'ado de 14ans s'était fixé, il y avaient les nombreuses conquêtes féminines, la création d'entreprise(s) avec pour corollaire le succès financier, d'autant que, par parenthèse, à cette "époque", la réussite, l'argent et l'ambition étaient des qualités et non des tares comme cela l'est actuellement dans nos pays européens en déclin.
Le temps universitaire lui permit d'engranger les premiers amours et, pour satisfaire ses autres aspirations, à l'entame de sa 5ème année d'études, encore partiellement "étudiant" et après avoir examiné les opportunités dans différents domaines dans lesquels la concurrence était limitée par le petit nombre d'acteurs présents même si cela induisait une difficulté accrue d'y faire sa place, il sut définir le secteur d'activités dans lequel il voulait évoluer.
Malgré le fait que ses connaissances techniques et commerciales dans le domaine assez spécialisé choisi étaient nulles, il se lanca seul, fort de l'audace de son immuable et indestructible confiance en soi...et cela donna assez rapidement de bons résultats qui le conduisirent à ne pas passer les derniers examens auxquels de toute manière, il ne s'était pas préparé et à poursuivre les contacts individuels avec ses nouveaux clients et fournisseurs qui souvent étaient assez interloqués face à ce sympathique jeune impétueux contrastant avec la concurrence faite de quadras (au minimum).
Ce touriste des affaires venu de nulle part et qui, du point de vue de la majorité de ses concurrents bien installés, y repartirait bientôt!.

Après une dernière tentative autoritaire de son père qui, au détour d'une proposition de financement et de la mise en place d'une société juridiquement et capitalistiquement plus structurée, voulut reprendre le contrôle via un décompte de majorité des parts auquel le fiston n'adhéra bien évidemment pas le moins du monde au risque bien réel de voir son embryon de société mourir de facto.
Christian encaissa le coup et se détourna totalement de ce géniteur frappé brutalement peu de temps après par une crise cardiaque foudroyante.
A ce propos, que ce soit pour lui-même ou pour ses proches, la mort ne représente rien, hormis le dernier passage obligé et définitif, pour le personnage dont nous relatons l'histoire et se résumerait par; ni fleurs et/ou pleurs, ni couronnes ou visites de cimetières d'autant qu'il privilégiera pour lui-même l'incinération sans cortège, ni urne.

Mais on n'en est pas (encore) là et pour l'instant, le sourire, la culture générale alliée à cette toujours présente faculté de comprendre, d'anticiper les réactions de ses interlocuteurs font que d'acquisitions de marques défendues par d'autres en exclusivités dénichées dans les différents congrès et expositions de par le monde, la société progresse à un point que les premiers écueils concurrentiels mus et par jalousie et par crainte face à ce "gentil" mais encombrant jeune "blanc-bec" se font jour sans que cela ne perturbe ou gêne la montée en puissance de l'entreprise qui en moins de dix ans devient l'une des cinq premières dans son secteur et pays et qu'internationalement le nom soit connu comme l'entreprise avec laquelle on se doit de collaborer.
Si, parmi les innombrables anecdotes qui jalonnent cette success-story, il ne fallait en retenir qu'une seule, je relaterais celle dont je fus témoin privilégié et qui veut que l'ensemble des sociétés nationales étaient regroupées via leurs PDG au sein d'une organisation internationale qui était dirigée par un des membres choisi en assemblée extraordinaire.
Sachant qu'il avait décidé deux ans avant la cession de sa société de se présenter comme candidat président national et de réussir, de justesse, à en prendre le contrôle, il dût, comme la nouvelle fonction l'obligeait, accompagner le candidat désigné par les membres nationaux à la présidence de cette instance internationale.
Son talent de conviction et sa science de l'intrigue firent que les membres internationaux décidèrent à la majorité que ce soit Christian, à la surprise totale du "poulain national", qui serait l'élu ou, qu'à défaut, ce poste revienne au délégué allemand qui profita sans le savoir de l'impossibilité pour Christian d'accepter cette fonction car il lui était interdit de révéler le secret de la mise en vente courant de cette même année de sa société.
N'empêche que cet épisode restera pour lui une sorte de consécration, un coup de maître tactique.

Dans l'entre-temps, une deuxième société fut créée en partenariat avec un associé dont Christian perçut assez rapidement que les aspirations de profiter de son entregens était la raison primordiale, ce qui lui permit, le moment choisi, de s'en défaire sans difficultés et de contraindre cet associé un peu trop ingrat à déposer le bilan avec pertes et fracas. 
Deux ans plus tard et là pour la plus grande surprise de tous d'autant que ni ami(e)s, ni employés-collaborateurs, clients et fournisseurs n'aient eu le moindre soupçon ou information, Christian décida de revendre cette société jeune et prospère encore pleine d'avenir à un groupe qui, malheureusement, d'erreurs stratégiques en management incompréhensible et totalement inverse de celui qui la fit grandir, ne résista que trois ans avant qu'elle et le groupe qui l'avait achetée disparaissent du paysage des affaires.

Et pendant ce temps, la trentaine à peine entamée, Christian, profitait pleinement de tous les avantages: hôtels luxueux, restaurants réputés, etc, que lui procurait son statut de jeune indépendant aisé au carnet d'adresses au sein duquel se cotoyaient des personnes riches, cultivées qui, comme lui, détestaient l'arrivisme vulgaire et ostentatoire de "people" en seule recherche d'image.
Sur le plan amoureux, Christian papillonnait d'histoires d'amour en amourettes avec le même souci principal de jouir au maximum de la vie sans la moindre concession fut-ce au prix de ruptures que bien longtemps après et essentiellement pour l'une d'entre elles, il put regretter mais dont le point commun est que jamais il ne voulut créer de famille, avoir des enfants pour, disait-il, préserver l'intensité d'un amour qui n'est fort que le temps où un troisième être n'y est entré et ne vienne tempérer la relation initiale comme l'expérimente la plupart des couples qui n'ont pas eu ce choix ou cette volonté et qui connaissent les affres des tromperies, disputes, séparations et divorces.

Cependant, les années passent, les rencontres se font plus rares, moins intenses même s'il en est d'improbables qui ont su l'étonner mais n'allez pas croire que Christian nage en pleine naïveté et que jamais le moindre regret ne l'effleure d'autant que souvenez-vous dans son projet initial, tout était défini par étapes successives et assez fidèlement réussies sauf que pour celui qui n'avait que 14ans, ce parcours prenait fin à 50ans!.
Alors, secret dévoilé, que fait-il maintenant qu'il a passé ce cap?
En résumé, il vit toujours bien mais plutôt isolé et de manière minimaliste quant aux biens qu'il affiche hormis un capital qui, pour ses relations les plus proches, le définit comme un radin qui, une fois mort, sera l'un des plus riches du cimetière!.
Alors serait-ce le signe qu'il est malheureux et que ses choix passés n'étaient qu'erreurs?
Lorsque l'on est un des rares à encore avoir le privilège de le cotoyer, il semble bien que ceci soit tout le contraire et qu'il n'agisse toujours qu'en fonction de ses choix et envies du moment et que cette vie en retrait ne soit que temporaire sans que quiconque ne puisse connaître la durée de ce détachement des choses et des personnes.
A moins que, et je concède que je tends actuellement à privilégier cette seconde hypothèse, il ait fini par se brûler les ailes, à force de toujours vouloir plus comme l'avait fait Icare, grisé par la quête de plaisirs et qui finit par tomber inexorablement.
En effet, cette solitude monastique, ce refus de toute nouvelle relation, lui qui était au centre des conversations, évènements et toujours si bien accompagné ne vaut que si, comme je le crois, une de ses relations amoureuses mais néanmoins toutes gâchées par trop d'égocentrisme lui est finalement apparue comme essentielle, vitale et qu'il finit par assumer que son existence sans elle, qui se reconnaîtra, n'est que virtuelle et sans intérêt.

Moi, qui me félicite de l'avoir bien connu, je peux dire que lors de son dernier voyage en solitaire, ce que les flammes de l'incinérateur ont brûlé n'est que l'enveloppe d'un corps entièrement dévasté, consumé par cet amour perdu.


Triste fin pour celui que la vie avait tant gâté mais qui ne l'a compris que trop tard...

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15/02/2013

Mémoires d'un enfant...unique (2).

 

Ado,Moi,.
Ado...lassant.

 

 

Adolescence

Dans le précédent volet, nous avons fait connaissance avec Christian dans sa prime enfance.
A présent, intéressons-nous à cette adolescence, source de si grands problèmes personnels et conflits pour la majorité d'entre nous.

Ce qui, petite enfance, n'était que balbutiements en recherche de soi et besoin de se démarquer ne cessa de s'accentuer au travers des études primaires et secondaires qu'il poursuivit assez facilement malgré une trop faible volonté de sa part en termes d'implication et d'assiduité.
Constamment, ce défaut de vouloir découvrir de nouvelles choses au lieu d'approfondir ce que son esprit vif avait su comprendre la plupart du temps avant les autres ou que le temps perdu à la mise au niveau de l'ensemble de la classe finissait par ennuyer au point qu'une année de fin de primaires, parents et professeurs décidèrent de lui faire "sauter" une classe ce qui, malgré d'énormes craintes au début, ne l'empêcha pas de la réussir, certes sans éclat, mais comme il le disait lui-même, seul comptait le résultat final.
Plus tard encore, un nouveau défi lui fut présenté lorsque voulant opter pour des secondaires dites classiques, on lui déconseilla l'option latin-math jugée trop astreignante pour ce dilettante notoire.
Il n'en fallut pas plus pour qu'il insista pour y être inscrit et de les réussir toujours avec des notes modestes mais suffisantes.
Avec quelques faits d'armes au passage, comme lorsqu'il remit au professeur de latin qui n'appréciait que très modérement une version assez personnelle d'un discours de J.César et qui, lorsqu'il lui en fit le reproche, se vit répondre avec un aplomb déconcertant que ladite version correspondait à l'esprit et non à la lettre (ce qui pour lui ne représentait aucun intérêt!) de la pensée de J.César.

Cela ne veut néanmoins pas dire qu'il fut premier de classe, bien au contraire et hormis un certain zèle à se faire bien noter lorsque le feeling avec le et plutôt la professeur(e) passait bien, il se contentait d'assurer plutôt que briller au grand dam de ses parents et professeurs qui, lorsqu'ils l'interrogeaient, s'étonnaient de constater avec quelle facilité il avait très vite assimilé la matière mais qu'à partir d'un certain point, il estimait en savoir assez, nonchalance qui n'est certainement pas signe d'intelligence pure quoiqu'on en dise.
Relationnellement et en évolution par rapport à son enfance, il comprit que rester en retrait de la classe lui conférerait le qualificatif d'original ou de faible et par conséquent une mise à l'écart tout aussi désagréable que préjudiciable à ses études et à son épanouissement personnel.
D'où sa création d'année en année d'un "clan" composé de quatre ou cinq élèves choisis en fonction des affinités ou des échecs des uns ou des autres et au sein duquel il se voyait non pas comme un "planqué" mais plus comme un "chef en second" sorte d'inspirateur d'idées écouté, tirant profit des succès du noyau mais à l'abri des échecs en cela qu'il ne s'affichait pas comme le meneur de bande.

Mais cet esprit indépendant et, reconnaissons-le, assez fier de lui voire parfois hautain se vit renforçé dans sa confiance en ses aptitudes lorsqu'à la suite d'une demande de l'autorité scolaire, quelquefois perplexe face à cet individu charmant mais indiscipliné, il fut soumis à des tests d'intelligence qui, pour une fois que ses scores n'étaient pas moyens!, le classèrent parmi les "surdoués ou haut potentiels" à plus de 130 de qi.
Probablement dû à cette nonchalance qui le faisait passer pour une sorte de touriste de la vie doué d'une facilité d'adaptation aux situations diverses et surtout de cette faculté de percevoir forces et faiblesses d'autrui et d'en jouer, ses relations avec son père qui se voulait strict et autoritaire se tendirent fortement jusqu'à tendre vers une sorte de confrontation digne des meilleures thèses autour du complexe d'Oedipe.
D'autant que jamais dans cette famille, heureuse au demeurant, on ne tomba dans les effusions et autres embrassades et que rarement voire jamais les mots de papa et/ou maman ne furent prononcer sans que, que chacun se rassure, cela ne soit source de manque affectif quelconque.
Cela n'était tout bonnement pas inscrit dans les préceptes éducatifs et sentimentaux de ce milieu là et tout le monde s'en portait à merveille!.

Mais alors quelles raisons à l'émergence de ces relations tendues père-fils?.
Plus que probablement, la principale de celles-ci tenait du fait de l'acharnement à développer la société indépendante de l'un face à cette nonchalance scolaire de l'autre accentué aussi par le comportement, la philosophie d'une vie toute tracée d'un père marié, fidèle à une seule femme face à un garnement dont la sexualité de plus en plus éveillée s'exprimait beaucoup trop en termes de volonté de sorties, d'expériences qui toutes étaient vouées à récrémination et interdiction pour ce père en total décrochage de l'évolution d'une époque qu'il ne connaissait pas et dont il ne voulait pas, quitte à en priver son seul fils qui aimait plaire tant aux filles de son âge qu'à certaines professeures particulièrement charmantes qui le lui rendirent assez bien...
Malheureusement et comme dit plus haut, son père réussît à entraver plusieurs stratagèmes "amoureux" qui au lieu de découvertes plaisantes se finirent en déconvenues gênantes car tuées dans l'oeuf!.

Mais là encore, Christian sut petit à petit jouer de son influence auprès d'une mère qui toujours le défendit au prix de conflits relationnels dont le père, progressivement victime, sentit bien qu'à terme, son intransigeance finirait par lui coûter son couple. 
Bien sûr, l'assouplissement des règles ne se fit que très lentement et confirma l'irrémédiable antagonisme père-fils.
Au final, chacun resta sur ses positions et il n'est pas certain que ce conflit latent n'ait pas profondément blessé le paternel dans l'affirmation de son autorité voire même déprécié la relation amoureuse d'un homme et d'une épouse finalement bien plus mère que femme sans que pour autant il n'y ait eu de véritables réconciliations par la suite.
Il est évident que ceci acheva l'affirmation du caractère indépendant de Christian ne comptant que sur lui moins par suffisance excessive que par nécessité et recherche de personnalité forte. 
Et celui qui, au début, était sinon timide au moins réservé se montra de plus en plus entreprenant car progressivement débarassé de toute tutelle castratrice au point d'en faire un "chef" de clan ou de petite bande restreinte d'amis dont il était le centre tant par sa joie de vivre communicative que par cette faculté de compréhension et de synthèse fulgurante toujours utile pour certains élèves notamment quand il faut à tout prix réussir des examens scolaires à l'issue d'une année durant laquelle les notes intermédiaires étaient assez faibles.
La suite de sa vie ne fera que confirmer ce qui s'est construit durant son adolescence...jusqu'à une certaine rupture relatée dans le prochain et dernier chapître.

Fin et 3ème partie: le 15/3/2013.

 

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15/01/2013

Mémoires d'un enfant...unique (1).

 

Moi,Bébé,
Lui (moi?)..bébé!.

 

Naissance

Né durant la deuxième moitié du XXIè siècle, Christian (prénom d'emprunt) a dès sa naissance su marquer sa différence et son goût pour l'exclusivité car quoique furent les ardents souhaits pour ses parents de créer une famille sinon nombreuse à tout le moins composée de plusieurs enfants, il provoqua de tels dégâts à l'utérus de sa mère que jamais celle-ci ne put donner naissance à un petit frère ou une petite soeur pour Christian qui, vers cinq ans, à une question de sa grand-mère sur ce "manque" supposé, répondit qu'il préférait jouer et s'occuper tout seul sans avoir à "partager"!.

D'autant que tant côté paternel que maternel, aucuns des autres couples n'avaient de descendance, ce qui le plaçat au centre du monde...familial avec le risque souvent constaté, celui, pour ce rejeton unique, d'acquérir une triste mentalité d'enfant gâté égoïste.
Mais, il n'en fut rien.
Etait-ce dû à son caractère déjà très fort ou à une éducation assez stricte empreinte de valeurs clairement établies, toujours est-il que ses premières années d'insouciance pré-scolaire se déroulèrent dans la joie, les rires perpétuels (a t-il seulement, comme bébé, jamais pleuré, crié?) et la découverte, au prix de nombreuses chutes, blessures et cicatrices, de son environnement.

Enfance 

Souvent seul, non seulement parce que cela ne le gênait en rien de jouer tant dans le jardin que dans sa chambre mais aussi parce que ses parents, jeunes indépendants, étaient soucieux de s'assurer très vite une existence plus confortable que celle que connurent leurs parents respectifs qui, quoique issus de la moyenne bourgeoisie pour les uns, de la petite noblesse pour les autres, sortirent quasi ruinés de la deuxième guerre mondiale.

Il ne fallut pas attendre longtemps pour que ce travail acharné produise les premiers fruits permettant à cette petite famille de trois personnes d'acquérir biens immobiliers et mobiliers suffisants pour vivre plutôt confortablement quoique sans ostentation pour autant car cela ne correspondait absolument pas aux valeurs et principes de ses parents...contrairement à ce qui semblait déjà poindre comme différence pour Christian qui, gamin, aimait assez les compliments et le soin tout personnel qu'il portait à ses affaires en était une des preuves.

Y compris pour ses nombreux jouets qu'il aurait pu, comme d'autres "enfants gâtés", casser car remplaçés illico sous peine de cris et autres gesticulations alors que lui les préservait tout en y jouant fréquemment.
Jamais on ne put lui reprocher d'une quelconque volonté d'abîmer, de jeter ou de casser des objets, meubles, murs l'entourant moins parce qu'il aurait été une sorte d'enfant banalement sage que par son goût pour se ménager une sorte de bulle personnelle au sein d'un monde extérieur encore à appréhender ainsi que de relations humaines à jauger et par la suite à juger.

Last but not least, il jouissait aussi d'une santé à ce point exceptionnelle qui au fil des années n'a cessé d'étonner plus d'un médecin car, non seulement, il ne contracta jamais aucune maladie infantile grâce à une immunité vraiment unique qui toujours et en toute circonstance et encore bien plus tard le préservât de toute contamination ou ennuis de santé.

Durant ses premières années, comme c'est le cas pour tous, son caractère indépendant se forma, curieux et doué d'une faculté innée de prise de distance, d'analyse rapide des faits et conséquences de ses gestes sans qu'on lui connaisse un modèle au sein de cette famille réduite hormis peut-être une éventuelle admiration pour son grand-père maternel dont la vie passée faite d'une extrême richesse alternant avec la plus grande misère tout en affichant un égal détachement des choses avec, en plus, une bonne dose d'humour.

L'entrée à l'école, là encore, se passa sans l'ombre d'un problème du moins pour lui car, bien évidemment pour la mère de ce fils unique, ce fut un drame qu'elle réussit néanmoins à cacher du mieux possible afin de ne pas perturber celui qui déjà commençait à prendre ses marques dans la classe de l'école que, par facilité et par sensiblerie, sa mère avait, comme par hasard, su trouver si près de son habitation que les jardins de l'école jouxtaient ceux de la maison des parents de Christian.

Tout en étant assez gentil et respectueux des autres (enfants et maîtresses), on pouvait commencer à entrevoir ce besoin de singularité en ce qu'il lui était difficile d'observer passivement tout exercice ou devoir qui, sitôt compris, ne l'intéressait plus vraiment.
Relationnellement, si ses premières années se passeront sous une forme plutôt volontairement solitaire due à un comportement éveillé, curieux et observateur, celles-ci ne feront certainement pas de lui un être rejeté ou tenu à l'écart. 

Le temps de l'insouciance allait-il bientôt devoir s'achever?.

Suite et 2ème partie: le 15/2/2013
Fin et 3ème partie: le 15/3/2013.

 

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