14/03/2008

Pouvoir d'achat en baisse: Info ou Intox?.

Pouvoir d'achat

 

 

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Petits ou grands distributeurs: choix de dupes ?.

Parmi les sujets récurrents de la problématique de la hausse du coût de la vie, on pointe assez facilement une distorsion décrite comme scandaleuse entre les prix payés au producteur et ceux affichés par le distributeur le rendant clairement responsable de la "vie chère".

Souvent, au cours des différents débats, certains tentent de dépeindre un tableau simpliste dans lequel les "gentils" producteurs seraient les victimes des "méchants" distributeurs d'autant que, pour ces derniers, ne sont visés que les grandes enseignes de super et hypermarchés en oubliant que les tenants du commerce "équitable" ou les défenseurs des petits commerçants ne s'offusquent guère de la cherté des produits vendus dans ces boutiques alors même qu'au regard de leurs moindres coûts de fonctionnement, seule une marge bénéficiaire encore plus injustifiée peut expliquer la différence de prix avec ceux affichés par des grandes surfaces offrant personnel, infrastructure, locaux, choix vaste et varié, parking...

A moins que certains passéistes ne veuillent défendre l'idée que les produits vendus plus chers dans les petites boutiques ne soient réservés à une élite de "people" autoproclamée dont les moyens intellectuels sont inversement proportionnels à leurs moyens financiers souvent passagers et qui ne désire être confondue avec cette masse fébrile arpentant les allées achalandées de ces temples de la consommation à bon marché. 

Accessoirement, en termes d'hygiène sanitaire, le fait que les grandes surfaces impersonnelles drainent un nombre de clients plus important contribue à une meilleure rotation d'un stock de produits souvent pré-emballés mais aussi en minimisant le risque de contamination en évitant les manipulations d'argent et de denrées alimentaires diverses tant de la part du commerçant que des clients.

D'autre part et singulièrement dans le cadre de la résurgence d'une certaine pauvreté, il est utile de signaler que, sans la prépondérante contribution des seules grandes enseignes, il serait impossible pour les différentes associations d'aide aux personnes en difficulté et autres "restos du coeur" de subvenir aux besoins alimentaires primaires de leurs "clients".

On remarquera que la caricature facile visant à marquer les esprits peu enclins à une réflexion personnelle cependant plus conforme à la réalité est aussi présente dans ce débat de société.

Pouvoir d'achat en baisse, boniments en hausse?.

Depuis l'apparente maladresse oratoire de l'ex candidat N.Sarkozy déclarant qu'élu il serait le Président du pouvoir d'achat, plus un jour ne passe sans que quelqu'un ne vienne rappeler cette annonce électorale et que petit à petit ne se forge l'idée que notre pouvoir d'achat est en forte baisse et qu'accessoirement l'actuel président en est le responsable. 

En préambule, il faut rappeler que l'autre mot à la mode: mondialisation, joue un rôle indéniable ici comme ailleurs et ce depuis bien plus longtemps que généralement admis ou perçu ce qui implique un minimum d'honnêteté intellectuelle quant à la responsabilité effective des uns et des autres face à une fixation des prix des matières premières sujets aux fluctuations d'un marché de l'offre et de la demande dépassant de beaucoup un certain hexagone.

Par ailleurs, il est intéressant de constater qu'en matière de consommation, jamais les chiffres de vente de biens affichés pour les véhicules automobiles, l'équipement audio-visuel, les connexions Internet et autres abonnements GSM n'ont été aussi élevés et ce y compris, au risque du socialement incorrect, au sein des couches de la population décrites comme défavorisées et/ou dépendantes de revenus faibles voire de remplacements!.

Pour autant, il est évident que des hausses importantes sont enregistrées tant pour le prix des logements que pour l'eau, le gaz, le mazout de chauffage et plus généralement les carburants et que, bien évidemment, celles-ci affectent en premier les personnes aux revenus faibles et aléatoires ce qui en matière d'une meilleure gouvernance de la justice sociale doit conduire les pouvoirs publics à évaluer les besoins réels des allocataires sociaux de manière telle que les aides pécuniaires, revalorisées, ne soient plus dispersées sur base de critères généraux ouvrant de fait la voie aux multiples abus qui profitent de cette absence de personnalisation aux dépens de ceux dont la situation précaire justifierait un suivi et un soutien bien plus conséquent.

Responsables et tous coupables.

Devant un tel foisonnement d'éditoriaux et de débats télévisés, chacun y va de son commentaire qui, la plupart du temps, n'est que le résumé de la pensée généralement véhiculée que les fautes viennent soit des distributeurs qui, en vils commerçants, se créent des marges bénéficiaires défiant toute logique économique libérale, soit des pouvoirs publics qui ne contrôlent pas assez les prix des différents biens de consommation jusqu'à un éventuel blocage de ceux-ci.

Réminiscence d'un socialisme aux accents marxistes ou plus exactement et comme toujours, une forme d'assistanat en tous domaines dans lequel l'individu est perçu comme incapable de la moindre prise de responsabilités et de décisions intelligentes.

Quiconque veut un changement pourrait aussi commencer par modifier ses propres comportements au lieu de n'être que spectateur et suiveur d'une pensée unique toujours bien efficace et insidieuse dans sa faculté de manipuler la grande majorité des individus.

        

 

  

Publié dans Société: Economie-Finances | Lien permanent | Tags : consommation, societe, opinions, prix | |  Facebook | | | | Pin it! |