04/11/2006

Russie, le retour.

 

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Russie, le come-back

Ce grand pays que la majorité des américains et des européens estiment revenu au rang de moyenne puissance du fait de l'éclatement de l'Union soviétique et dont la zone d'influence s'est considérablement réduite pourrait très prochainement nous surprendre par une "vitalité" subitement retrouvée.

Tel l'ours blessé, la Russie, après un mouvement de repli destiné à reconcentrer ses forces en affichant dans les années Gorbatchev et encore Ieltsine un profil plutôt conciliant, défend à nouveau des positions notamment en matière énergétique et minière digne d'un pays conscient de sa splendeur retrouvée.

 

Pour l'anecdote, à l'image du jeu d'échecs, rappelons-nous qu'en matière de stratégie, les russes n'ont à recevoir de leçons de personne.

 

Poutine vladimir, Président de la Fédération de Russie sait à merveille jouer la fermeté dans sa gestion des affaires intérieures en n'hésitant pas à écarter toute personne ou groupe susceptibles de compromettre les desseins parfois obscurs du maître du Kremlin.

A titre d'exemple, revenons sur l'arrestation arbitraire de Khodorowski et le procès qui revisitait les plus belles heures du régime totalitaire soviétique et qui permit le "placement" dans un goulag de Sibérie de celui dont les succès économiques trop voyants ont fait craindre à la présidence russe qu'il n'envisage une conquête politique du pouvoir suprême.

 

Profitant habilement de la dialectique américaine quant à la guerre contre le terrorisme, une répression sévère se poursuit en Tchéténie sans que cela ne suscite guère de reportages de la part de la presse internationale et ce n'est pas l'assassinat récent de la journaliste Politkovskaïa qui incitera les agences de presse à envoyer de nouveaux correspondants, d'autant que le sujet ne passionne guère.

Preuve que la Russie joue à présent un rôle de premier plan et qu'une bienveillante méfiance s'installe à nouveau est la remise par le Président français à Mr Poutine de la décoration de Grand Croix dans l'Ordre de la Légion d'Honneur.

 

Europe-Russie, une erreur de stratégie.

L'Europe, dépourvue de Constitution, après une rapide annexion des pays "satellites" de l'ex URSS s'incline résolument vers la Méditerranée en programmant une entrée future de la Turquie.

Après la chute du mur de Berlin, au moment où un rapprochement avec la Russie visant à une intégration eût été possible du fait de l'affaiblissement évident de ce pays, la politique européenne s'est déchirée entre la volonté de chacun de ses états de conserver un maximum d'autonomie de gestion nationale dans un monde globalisé et la manipulation habile des Etats-Unis qui,bien vite, ont compris le danger de voir émerger une entité que l'adhésion de la Russie aurait placé à la tête des super-puissances .

De ce point de vue, le coût économique exorbitant des dernières entrées dans l'Union européenne complété par l'antagonisme religieux et culturel que représentera l'entrée prochaine de la Turquie dont l'appartenance, ô hasard, à l'OTAN,organisme finançé et contrôlé par les USA achèvera l'impossibilité de gouverner efficacement ce puzzle d'états.

 

Conclusion

 

Une fois encore, l'absence d'une vision ambitieuse d'avenir a réussi à maintenir l'Europe au rang de puissance moyenne permettant au reste du monde dans lequel la Russie retrouvera, avec l'accord tacite des autres "maîtres du monde", un rang que nous aurions pu partager en sa compagnie au même titre que nous avions en commun avec ce pays un ensemble non négligeable de valeurs historiques et politiques sans oublier d'anciens liens familiaux bien plus évidents que ceux qui nous relient à la Turquie.

Il est peu probable qu'une telle opportunité ne se représente jamais.

 

 

 

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13/10/2006

Aux urnes, citoyens!.

 

 

 Urne

 

 

 

 

Plusieurs pays européens connaîtront dans les semaines et mois prochains des élections importantes et déjà la tension politique croît inexorablement au gré de faits prétendument récemment découverts et de petites phrases assassines censées convaincre les électeurs de l'intelligence des valeurs défendues.

 

Les tenants du discours immuable sur l'imbécilité du vote rejet lié au dépôt d'un bulletin favorable aux partis "nationalistes" relisent déjà les textes lus les années précédentes sans qu'ils ne perçoivent la pauvreté de ce type d'arguments.

Le propos n'est en rien de défendre les thèses réductrices de tel ou tel parti mais bien plus d'attirer l'attention d'un bon nombre d'élus sur le fait que la réelle expression d'un vote de dépit s'exprime bien plus par une abstention ou vote "blanc" que par le soutien apporté à ce genre de partis.

 

La pratique maladroitement déniée de conclure des alliances et de se répartir les postes bien avant le verdict des urnes sans oublier, au préalable, que les listes de candidats relèvent bien plus fréquemment de la qualité d'un carnet d'adresses que des compétences affichées en matière politique ou économique.

 

La piètre qualité de débats pré-électoraux où les seuls arguments mis en avant consistant à dévaloriser les propositions et/ ou les réalisations des uns et des autres ne fait qu'augmenter le désintérêt latent du public.

Ce qui, par l'absurde, revient à la démonstration que rien de ce qui a été fait ou de ce qui est proposé n'a de valeur que l'on soit ou non dans la majorité de gouvernement.

Ceci explique le peu de reconnaissance de la population envers les élus qui trop souvent  oublient qu'ils ne sont que les représentants provisoires de citoyens et non l'élite bien plus tournée vers la prospérité économique du pays.

L'accession au pouvoir politique dont les techniques de communication et de marketing s'inspirent de la culture commerciale est incompatible avec la notion  affichée de service à la population.

Autant l'ambition des acteurs économiques peut être créatrice d'expansion et d'emplois, autant nier l'évidence de cette qualité dans le domaine politique afin de ne pas heurter les électeurs relève de l'hypocrisie et l'acharnement de la plupart en vue de se maintenir en dépit de scandales ou de faits délictueux en témoigne

Malgré cela, on constate que peu de changements dans les scores électoraux interviennent et que beaucoup de tsunamis finissent en simple brise.

 

Toujours est-il que l'ampleur de cette désaffection pour la "res publica" permet au fil des élections gouvernementales ou présidentielles d'assister à la mise en place d'un pouvoir dont la légitimité repose à peine sur un tiers des votes valablement exprimés et cela pose question .

 

D'un point de vue purement pratique,dès lors que la démarche de se rendre dans les bureaux de vote est effectuée, afin de ne pas ajouter la négation de sa propre participation à la perte de temps concédée, le dépôt d'un vote nul s'avère la moins justifiée des options.

 

Dans un avenir proche, une fois le vote électronique envoyé de son domicile généralisé, nous pourrions, via les moyens performants de communication parmi lesquels les blogs ne seraient qu' une première ébauche, adhérer librement à des discours et à des idées dont les critères relèveraient plus de l'intelligence du raisonnement et d'un projet réalisable et chiffré que de la propagande simpliste dictée par une ligne définie par les bureaux de partis.

Cela équivaudrait à mettre en place une réelle démocratie participative à ne pas confondre avec des dérives démagogiques ou  des revendications visant à déstabiliser des états en proie aux doutes sur le bien-fondé de ses valeurs fondatrices.

 

Aux prochains votes....

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09/09/2006

Europe: Echec et mat.

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Depuis le refus de ratification de la Constitution européenne par les Pays-Bas et la France, la construction de l'Europe politique est stoppée et ne semble plus préoccuper nos très discrets élus européens.

Pouvait-il en être autrement?

A notre avis, au vu des intérêts nationaux voire régionaux de certains états disposant d'un pouvoir de décisions significatifs, il était assez évident que tout serait mis en oeuvre pour aboutir à cet échec.

La discussion sur l'entrée programmée de la Turquie nous apparaît comme une manoeuvre habile de rendre cette Europe totalement ingérable.

Le propos n'est pas de s'apesantir sur telles ou telles considérations ethniques, religieuses ou géopolitiques mais à bien considérer l'extension territoriale de l'Europe, n'eût-il pas été plus judicieux et historiquement défendable d'entamer des négociations d'entrée parmi les membres européen de la Russie.

L'impossibilté de fonctionner avec un nombre réduit d'Etats empreints de velléités nationalistes préfigure l'immobilisme vers lequel nous nous dirigeons en intégrant un nombre sans cesse croissant d'Etats dont la plupart sortent à peine de régimes opposés au fondements idéologiques et démocratiques de l'Europe occidentale.

Le choix du Président français, Mr Chirac, de soumettre la Constitution européenne au référendum populaire au lieu de passer par la voie parlementaire toute acquise au projet pourrait relever non pas d'une erreur ou d' un souci de consulter le "peuple" mais plutôt d'une manoeuvre visant à éviter que le premier Président européen ne soit un "autre ami de trente ans" en la personne de Monsieur Giscard d'Estaing.

Ce dernier étant non seulement le principal instigateur de ce traité mais également la personnalité la plus connue provenant d'un important pays fondateur, il s'imposait tout naturellement.

La perspective de laisser à Mr Giscard d'Estaing une telle reconnaissance de l'Histoire peut expliquer certaines décisions visant à l'en empêcher.

Il aura fallu attendre cette campagne électorale çi pour renouer avec un semblant de projet revu à la baisse mis au point par Mr Sarkozy.

La France agissant au sein de l'Europe avec une autorité lui permettant de refuser ou de cautionner les seuls projets qui lui conviennent sans que d'autres pays n'aient la capacité de s'y opposer, cette nouvelle proposition prépare une remise en chantier de la construction politique de l'Europe.

Une Europe qui  disposerait  d'un gouvernement et d'un président élus par un vote européen, agissant sur base d'un projet consensuel bénéficiant des capacités armées,scientifiques,économiques de chaque Etat la composant, gagnerait en efficacité et en crédibilité internationale.

Un géant économique représenté par un nain politique, voilà l'image que nous affichons actuellement au monde.

 

  

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