15/04/2015

Liberté d'expression: une voix en extinction.

Liberté d'expression, Censure, Société, Débats, Religions, Politique .

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Face au pouvoir croissant des réseaux sociaux ouverts à tous et libres, on voit poindre une volonté de censure, de récupération tant des médias traditionnels quelque peu dépassés par ces nouveaux modes de communication instantanée et gratuite qui constatent l'impact financier et d'audience que ceux-ci représentent jusqu'à mettre en péril leur modèle économique.
Alors, sous prétexte de mettre fin à ce qu'ils estiment n'être que de la désinformation incontrôlable, de manque d'objectivité et d'impartialité dont ils se disent, sans ironie aucune et malgré leurs évidentes propres erreurs et/ou pamphlets idéologiquement connotés, les seuls garants envers une population qu'ils considèrent, à l'instar du personnel politique, comme incapables de se forger une opinion éclairée, intelligente et objective.

En effet, le couple médias-politiciens qui, partout et toujours clame son attachement à la liberté d'expression, au débat utile et ouvert, ne se prive pas de mettre sérieusement en doute la capacité intellectuelle globale des citoyens qu'ils soient sur-diplômés ou non d'émettre un avis sans que celui-ci n'ait d'abord fait l'objet d'une manipulation, pardon une information préalablement orientée vers le résultat attendu par un des membres de ce "couple".

Il n'est qu'à entendre les propos répétés, avant élections, de la volonté de recourir régulièrement aux référendums ouverts aux questions diverses de société tranchés par la volonté du peuple souverain.
Une fois les élections passées, les "élites" se réfugient dans les excuses récurrentes pour soit, ne pas en organiser car les citoyens (c'est bien connu) sont incapables de répondre à une question  tant ils n'en comprendront pas la portée, soit si, par extraordinaire, un référendum est malgré tout organisé mais que la réponse du peuple ne correspond pas à la réponse politicienne attendue, on en refera un autre jusqu'à si, à nouveau, la réponse ne convient, à en ignorer le résultat et à décider que pour le bien de tous, on fera comme l'élite politico-médiatique avait décidé!.

A se demander si, au vu d'un tel mépris, ce microcosme ne s'estime pas intouchable et que, décidément, ceux-celles qui, parmi la population exerce des responsabilités financières, économiques, sociales tant ils sont bardés de diplômes dont quantité de ces décideurs de bonne morale médiatico-politique sont, eux, dépourvus ne sont que de bons contribuables auxquels le droit de vote est le seul dont ils peuvent se prévaloir.

Terrorisme et Libertés

En définitive, les actes récents de terrorisme leur offrent une occasion unique dont ils vont, comme l'avait déjà fait G.W Bush et son administration, se saisir et utiliser l'impact de ces attentats tragiques, non pour se poser la question de leurs responsabilités passées en matière d'ingérence "démocratique" extérieure voire en aveuglement coupable envers une montée communautaire, religieuse extrémiste à laquelle, par peur de violences sur personnes, émeutes et dégradations des biens, les différents gouvernements ont offert, avec quelquefois l'assentiment ou au minimum, le refus d'analyse objective car possiblement affublée des habituelles définitions de racisme, de xénophobie ou, pire, d'anti-musulman car, ici aussi, il faut bien souligner que même en se refusant à tout amalgame, on cherche encore malgré les aménagements cultuels, vestimentaires, sexuels, alimentaires dans les lieux publics, écoles, prisons concédés à une seule communauté, les attentats terroristes nationaux voire internationaux au nom des juifs, des chrétiens, des bouddhistes et autres sectes!.

A partir du moment où par lâcheté coupable et irresponsabilité chronique, on se refuse à analyser les causes, on ne se donne aucune chance d'en maîtriser les conséquences.
Et c'est ainsi, que le leitmotiv actuel est de contrôler, sanctionner, fermer des sites internet alors même que ceux-ci pouvaient fournir des renseignements précieux aux enquêteurs qui en récoltent de nombreux et très probants éléments concernant les projets d'actes terroristes voire ceux qui risquent de les commettre et aussi ceux qui les incitent à les commettre.
Gageons que lorsque les sources bien visibles seront taries faute d'accessibilité et que, par ailleurs, rien ne sera fait comme cela est le cas depuis trop longtemps et pour les mauvaises raisons décrites plus haut, pour sanctionner tout prédicateur auto-proclamé qui "officie" discrètement en divers lieux et auprès d'une communauté de plus en plus réceptive, la multiplication des troubles liés à des attentats aveugles, meurtriers se produira d'autant plus facilement que nos "responsables" auront eu à coeur de se priver de moyens supplémentaires...au nom de la liberté d'expression!.

Mai 68 et Zemmour

Avec tout le talent de polémiste d'un E Zemmour que chacun qui dispose d'un minimum de tolérance pour la liberté d'expression et le débat d'idées forcément contraires qui, constatons-le, ne pose problème qu'à ceux, essentiellement politiciens de gauche ou "apparentés" comme le journaliste A. Caron à l'image médiatique elle-même à la limite de la caricature tant avec J.L Mélenchon, ils n'ont que mépris et clichés envers les idées voire l'individu qui, à l'instar des Zemmour et globalement toute personne quelque soit sa fonction ou occupation professionnelle, artistique a le malheur d'être étiquetée à droite de l'échiquier politique.

Néanmoins, si la conclusion de délitement général des valeurs sociétales d' E. Zemmour est pertinente tout en regrettant certaines de ses diatribes à tendances rétrogrades, passéistes en matière d'égalité des droits homme-femme et/ou attitudes franchement ringardes, il n'est probablement  pas correct d'en attribuer la responsabilité au choc culturel initié par Mai 68.
En effet, historiquement, ces troubles ont réussi à bousculer un ordre établi à l'autorité verticale, militaire qui réduisait la population à un rôle somme toute plutôt passif et en toute obéissance, vénération du pouvoir suprême due au vainqueur de la deuxième guerre mondiale...plus de vingt ans passés!.

Certes, les valeurs véhiculées en Mai 68 ne sont ni toutes égales en qualité, en pertinence et certaines d'entre elles pour ne pas dire toutes furent, avec le temps, récupérées, recyclées en fonction des gouvernants successifs qui surent n'en retirer que ce qui pouvait leur servir électoralement.
La censure insidieuse, progressive, essentiellement en défaveur de la gent féminine se fait dans la plus totale hypocrisie d'une société bien trop préoccupée à tenter de maintenir un semblant de cohésion quitte à préférer se voiler la face en s'accommodant du port du voile voire de la burqa mais s'offusquer devant des seins nus à la plage, quelques jupes trop courtes ou charmants décolletés que des yeux de mâles complexés et/ou idéologisés considèrent à présent comme offensants en contraignant ces femmes qui en 68 avaient pensé être libres d'expression et de choix à fermement aller se rhabiller!.
La pression pour ne pas la dérive doctrinaire est telle que des réseaux sociaux interdisent tous seins nus, y compris artistiquement reconnus, que de plus en plus de médias, magazines et journaux évitent ou s'alignent sur cette censure sous le doux prétexte de ne plus soutenir le sexisme alors que ce n'est qu'une tentative réussie de replacer la femme en état d'infériorité de dépendance de l'homme, en respect des dieux, seul autorisé à définir les tenues vestimentaires de cet être inférieur!.

La vraie dilution des valeurs ne serait-elle pas plutôt d'origine géo-politique et concomitante au déclin de l'Occident qui confronté intérieurement à des revendications religieuses, musulmanes, qu'hypocritement et pour ne pas stigmatiser, ces dirigeants occidentaux ont voulu qualifier de communautaire sauf qu'aucune autre communauté ni religion ne revendique quoique ce soit hormis le respect pour tous des lois républicaines, démocratiques.
Sur le plan international, conscient de la perte pourtant inexorable de sa puissance, de son rayonnement, il a malheureusement choisi, comme historiquement les puissances occidentales l'ont toujours fait, de renverser les régimes hostiles ou entre-temps devenus réfractaires à ne demeurer que de "gentils" partenaires commerciaux, fournisseurs à bon prix de services et autres matières premières.
La différence avec le passé fut que la mondialisation avait, depuis peu, transformé la diffusion des informations, que les réseaux sociaux rendaient ce vaste monde et ce qui s'y passait, vérités comme contre-vérités ou mensonges, aussi petit qu'un village de campagne.

La propagation des informations, des slogans, appels à l'insurrection, à la résistance a modifié le paysage géo-politique et, malheureusement, contrairement à ce que l'intelligence humaine aurait pu supposer, a redonner vigueur et rayonnement à des valeurs religieuses, une fois encore principalement musulmane, islamiste et par extension néfaste à son bras armé qu'est le terrorisme jihadiste.
Et que ceux, bisounours ou adeptes de la Pensée unique, militants de l'aveuglement coupable, irresponsable dont le seul discours est d'utiliser les mots: amalgame, fustiger, xénophobe, raciste, tentent de trouver, dans ce siècle!!, quelques terroristes de masse de croyance chrétienne, juive, bouddhiste adeptes de la décapitation ou de l'explosion aveugle et lâche en public...

On retrouve cette propension à décréter ce qui est bon ou non à dire, à écrire au fil des forums de sites dits d'information dont quelques modérateurs sanctionnent tout commentaire, fut-il correctement écrit et suffisamment argumenté mais par trop critique envers les assertions d'un auteur fidèle à l'orientation politique du média en question.
Ce qui, au bout de compte, rendent ces sites inintéressants et annihilent toute confrontation d'idées utiles au débat sauf à se complaire dans une suite de courtes approbations plus ou moins bien orthographiées.

Les religions, offenses à l'intelligence

Parmi les nombreuses censures, les religions en sont non seulement les plus anciennes mais certainement les plus virulentes.
Ce qui au départ, n'étaient que rumeurs, histoires dignes des meilleurs sorciers et magiciens face à des populations peu instruites prêtes à croire à n'importe quel "miracle" qui justifiait sacrifices, célébrations et honneurs envers celui qui avait réussi à asseoir une certaine autorité, est devenu, au fil des temps, vérité révélée, incontestable sous peine de châtiments corporels plus ou moins sévères, d'excommunication, spoliation de biens et soumission des individus.
Avec l'évolution des mentalités, de l'éducation, des moeurs et de l'interconnexion des peuples les rendant moins naïfs, ces comportements autoritaires, souvent déviants, auraient dû considérablement régressé et les actualités récentes prouvent malheureusement qu'il n'en est rien.

Hormis dans les lieux respectifs des cultes voire d'écoles confessionnelles, ne serait-il pas temps de se poser la question de la pertinence des cours de religions au sein d'écoles publiques.
En quoi, contrairement à toutes les autres matières enseignées, les religions, de plus divisées, réservées aux adeptes, croyants en herbe sont-elles, autrement que replacées dans les cours d'histoire au titre d'épisodes de conquêtes de pouvoir, de territoires à coloniser et de populations à convertir aux diktats religieux des envahisseurs sous peine de massacre en cas de rébellion, de refus d'honorer ces nouveaux dieux... et surtout leurs "missionnaires"!.
Au lieu de cela, nos élus, face à la montée des violences et de l'extrémisme religieux essentiellement musulman même si d'autres croyances ont été ou, un jour, en seront les titulaires, prônent non pas une remise en cause, c'est à dire à sa juste place, des religions en les privant de cette visibilité prosélyte qui les rend publiquement visibles et incontournables jusqu'à reprendre le pouvoir d'aménager les lois dites laïques en fonction de leurs préférences, dogmes, coutumes exclusivement cultuelles.
Ceci n'est rien d'autre qu'une intrusion inadmissible de croyances qui divisent une société aux motifs d'appartenance communautaire et donc antagoniste d'où les affrontements croissants...

Loi "Renseignement": Liberté surveillée sur Internet

Malgré sa relative jeunesse, l'existence de l'espace de libertés d'expressions multiples est, elle aussi, en voie d'extinction.
Ce qui, jusqu'il y a peu, était considéré tant par les médias que par les politiciens comme un outil de diffusion d'informations, de slogans, de messages idéologiques servant soit leurs intérêts commerciaux, soit leurs intérêts personnels et/ou particratiques finissait par devenir un puissant contre-pouvoir citoyen qui, abstraction faite des insultes et grossièretés habituelles, tendait à affaiblir par la controverse, la mise en doute des messages d'autorité de ceux qui se disent "élites".
Aussi, profitant opportunément de la menace terroriste (générée par qui?!. Article à lire: Islamisme, la nouvelle croisade occidentale. Lien direct: Cliquez  ICI), nos dirigeants démocratiques soutenus par la plupart des médias eux-mêmes quelquefois dépassés, mis en danger par la parole libre citoyenne, en sont venus à la décision, pour le bien du peuple, bien sûr!, à instaurer un filtrage décrit comme réservé aux terroristes, à croire qu'en tête de leurs profils blogs, sites, Facebook et Twitter, ceux-ci, par civisme, vont afficher leur appartenance à telle ou telle mouvance jihadiste.
Chacun sait ou devrait savoir que ces mesures couvertes par le Secret Défense ne sont ni plus ni moins que la fin de la dernière liberté d'expression qui, comparaison n'est pas raison, nous rapproche quelque peu mais en plus sournois de ces régimes honnis que sont les théocraties, les dictatures.
D'autant qu' à l'instar de fraudes exercées dans d'autres domaines, ceux qui échapperont aux contrôles et sanctions seront ceux-là mêmes censés être détectés et stoppés... qui, eux, sont depuis longtemps adeptes de circuits parallèles nettement plus difficiles à observer.
Resteront détectables, comme toujours, ces pauvres hères qui s'émeuvent du "contrôle et intrusion" dans leur vie privée d'un Facebook alors qu'ils sont, eux, les premiers à y afficher tous leurs états d'âme, leurs amours et photos de vacances... et qui, à l'occasion d'un saut d'humeur auront la bêtise d'approuver une action terroriste anti-occidentale.
Quelques-uns, parmi les médias, ont bien tenté de nous mettre en garde contre les dérives possibles que cette surveillance "légale" individuelle engendrait en cas d'accession au pouvoir de partis extrémistes et de faire référence (justifiée ou non) au FN.
A ceux-ci, on notera ironiquement que les seules écoutes organisées par l'Elysée l'ont été à l'initiative de François Ier autrement dénommé Mitterrand qui se faisait plaisir à espionner les conversations privées de dangereux terroristes comme p.ex Carole Bouquet, Charles Pasqua, Edwy Plenel...
L'autre scandale des écoutes élyséennes est à l'initiative de François II aussi nommé Hollande qui est obsédé par son prédécesseur et successeur possible (sans commentaires!) Nicolas Sarkozy au point de l'avoir mis, lui et ses correspondants avocats et ami(e)s sur surveillance aussi assidue qu'anormalement longue et tout ceci aux frais de l'Etat-citoyens!.
Alors, vous comprenez que la tentation d'utiliser la peur d'un terrorisme qui ne frappe plus le lointain extérieur (dont on se moque gentiment) mais nos pays démocratiques et qui rend possible une couverture, enfin, légale d'écoutes généralisées, orientées politiquement si besoin, est, aux yeux d'un pouvoir quel qu'il soit, une occasion à ne pas laisser passer.

Conclusion

Vive la société bridée, privée du droit irréfragable au débat, débarrassée des quelques esprits encore libres, contestataires et polémistes facilement détectables qui deviendront les porte-drapeaux expiatoires du droit unique et intangible du "politiquement correct" associé à la "pensée unique" de bon aloi que, seul, le pouvoir dans sa grande sagesse saura garantir.
S'ouvre enfin la voie à l'idéologique univoque et mondialisée vouée à une vie sociétale, citoyenne dans le recueillement perpétuel, la fraternité communautarisée nettement plus facile à cadrer, manipuler tant médiatiquement qu'électoralement...


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