15/02/2013

Mémoires d'un enfant...unique (2).

 

Ado,Moi,.
Ado...lassant.

 

 

Adolescence

Dans le précédent volet, nous avons fait connaissance avec Christian dans sa prime enfance.
A présent, intéressons-nous à cette adolescence, source de si grands problèmes personnels et conflits pour la majorité d'entre nous.

Ce qui, petite enfance, n'était que balbutiements en recherche de soi et besoin de se démarquer ne cessa de s'accentuer au travers des études primaires et secondaires qu'il poursuivit assez facilement malgré une trop faible volonté de sa part en termes d'implication et d'assiduité.
Constamment, ce défaut de vouloir découvrir de nouvelles choses au lieu d'approfondir ce que son esprit vif avait su comprendre la plupart du temps avant les autres ou que le temps perdu à la mise au niveau de l'ensemble de la classe finissait par ennuyer au point qu'une année de fin de primaires, parents et professeurs décidèrent de lui faire "sauter" une classe ce qui, malgré d'énormes craintes au début, ne l'empêcha pas de la réussir, certes sans éclat, mais comme il le disait lui-même, seul comptait le résultat final.
Plus tard encore, un nouveau défi lui fut présenté lorsque voulant opter pour des secondaires dites classiques, on lui déconseilla l'option latin-math jugée trop astreignante pour ce dilettante notoire.
Il n'en fallut pas plus pour qu'il insista pour y être inscrit et de les réussir toujours avec des notes modestes mais suffisantes.
Avec quelques faits d'armes au passage, comme lorsqu'il remit au professeur de latin qui n'appréciait que très modérement une version assez personnelle d'un discours de J.César et qui, lorsqu'il lui en fit le reproche, se vit répondre avec un aplomb déconcertant que ladite version correspondait à l'esprit et non à la lettre (ce qui pour lui ne représentait aucun intérêt!) de la pensée de J.César.

Cela ne veut néanmoins pas dire qu'il fut premier de classe, bien au contraire et hormis un certain zèle à se faire bien noter lorsque le feeling avec le et plutôt la professeur(e) passait bien, il se contentait d'assurer plutôt que briller au grand dam de ses parents et professeurs qui, lorsqu'ils l'interrogeaient, s'étonnaient de constater avec quelle facilité il avait très vite assimilé la matière mais qu'à partir d'un certain point, il estimait en savoir assez, nonchalance qui n'est certainement pas signe d'intelligence pure quoiqu'on en dise.
Relationnellement et en évolution par rapport à son enfance, il comprit que rester en retrait de la classe lui conférerait le qualificatif d'original ou de faible et par conséquent une mise à l'écart tout aussi désagréable que préjudiciable à ses études et à son épanouissement personnel.
D'où sa création d'année en année d'un "clan" composé de quatre ou cinq élèves choisis en fonction des affinités ou des échecs des uns ou des autres et au sein duquel il se voyait non pas comme un "planqué" mais plus comme un "chef en second" sorte d'inspirateur d'idées écouté, tirant profit des succès du noyau mais à l'abri des échecs en cela qu'il ne s'affichait pas comme le meneur de bande.

Mais cet esprit indépendant et, reconnaissons-le, assez fier de lui voire parfois hautain se vit renforçé dans sa confiance en ses aptitudes lorsqu'à la suite d'une demande de l'autorité scolaire, quelquefois perplexe face à cet individu charmant mais indiscipliné, il fut soumis à des tests d'intelligence qui, pour une fois que ses scores n'étaient pas moyens!, le classèrent parmi les "surdoués ou haut potentiels" à plus de 130 de qi.
Probablement dû à cette nonchalance qui le faisait passer pour une sorte de touriste de la vie doué d'une facilité d'adaptation aux situations diverses et surtout de cette faculté de percevoir forces et faiblesses d'autrui et d'en jouer, ses relations avec son père qui se voulait strict et autoritaire se tendirent fortement jusqu'à tendre vers une sorte de confrontation digne des meilleures thèses autour du complexe d'Oedipe.
D'autant que jamais dans cette famille, heureuse au demeurant, on ne tomba dans les effusions et autres embrassades et que rarement voire jamais les mots de papa et/ou maman ne furent prononcer sans que, que chacun se rassure, cela ne soit source de manque affectif quelconque.
Cela n'était tout bonnement pas inscrit dans les préceptes éducatifs et sentimentaux de ce milieu là et tout le monde s'en portait à merveille!.

Mais alors quelles raisons à l'émergence de ces relations tendues père-fils?.
Plus que probablement, la principale de celles-ci tenait du fait de l'acharnement à développer la société indépendante de l'un face à cette nonchalance scolaire de l'autre accentué aussi par le comportement, la philosophie d'une vie toute tracée d'un père marié, fidèle à une seule femme face à un garnement dont la sexualité de plus en plus éveillée s'exprimait beaucoup trop en termes de volonté de sorties, d'expériences qui toutes étaient vouées à récrémination et interdiction pour ce père en total décrochage de l'évolution d'une époque qu'il ne connaissait pas et dont il ne voulait pas, quitte à en priver son seul fils qui aimait plaire tant aux filles de son âge qu'à certaines professeures particulièrement charmantes qui le lui rendirent assez bien...
Malheureusement et comme dit plus haut, son père réussît à entraver plusieurs stratagèmes "amoureux" qui au lieu de découvertes plaisantes se finirent en déconvenues gênantes car tuées dans l'oeuf!.

Mais là encore, Christian sut petit à petit jouer de son influence auprès d'une mère qui toujours le défendit au prix de conflits relationnels dont le père, progressivement victime, sentit bien qu'à terme, son intransigeance finirait par lui coûter son couple. 
Bien sûr, l'assouplissement des règles ne se fit que très lentement et confirma l'irrémédiable antagonisme père-fils.
Au final, chacun resta sur ses positions et il n'est pas certain que ce conflit latent n'ait pas profondément blessé le paternel dans l'affirmation de son autorité voire même déprécié la relation amoureuse d'un homme et d'une épouse finalement bien plus mère que femme sans que pour autant il n'y ait eu de véritables réconciliations par la suite.
Il est évident que ceci acheva l'affirmation du caractère indépendant de Christian ne comptant que sur lui moins par suffisance excessive que par nécessité et recherche de personnalité forte. 
Et celui qui, au début, était sinon timide au moins réservé se montra de plus en plus entreprenant car progressivement débarassé de toute tutelle castratrice au point d'en faire un "chef" de clan ou de petite bande restreinte d'amis dont il était le centre tant par sa joie de vivre communicative que par cette faculté de compréhension et de synthèse fulgurante toujours utile pour certains élèves notamment quand il faut à tout prix réussir des examens scolaires à l'issue d'une année durant laquelle les notes intermédiaires étaient assez faibles.
La suite de sa vie ne fera que confirmer ce qui s'est construit durant son adolescence...jusqu'à une certaine rupture relatée dans le prochain et dernier chapître.

Fin et 3ème partie: le 15/3/2013.

 

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