01/10/2006

Racisme: Concert de fausses notes.

 

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L'impudence des discours.

 

 

Sujet délicat et chargé de non-dits, la lutte contre le racisme, encore faudrait-il parler des racismes, est comme à chaque échéance électorale opportunément réactivée.

En décalage avec le vécu quotidien d'une proportion croissante de la population que l'environnement du logement et la précarité ou l'absence d'emploi fragilise, un certain nombre d'élus, au nom du "politiquement correct", relèvent la richesse de la multi-culturalité sans vouloir se rendre compte que celle-ci s'affiche principalement dans la pauvreté de certains quartiers et banlieues.

Pour ceux dont la vie à tout le moins difficile est en plus soumise aux dictats de l'un ou l'autre au bas de leurs immeubles, ce genre de discours est plus aveugle que le candidat français censé représenter les thèses extrémistes à combattre.

Que la tolérance et le rejet de la discrimination soient des valeurs essentielles ne choquera personne jouissant d'un minimum de capacités intellectuelles et dont le niveau de vie permet de ne justement pas résider dans ces quartiers mais qu'à l'occasion d'un concert ou d'une manifestation "colorée", il pourra lors de quelques journées par an, à l'instar de la mission autrefois dévolue aux classes favorisées d'aider les plus pauvres, se sentir utile au mieux-être de la société avant de s'en retourner à ces habituelles préoccupations.

 

Quels racismes ?

 

Parler continuellement de multi-culturalité en occultant d'évoquer le multi-racisme, à savoir que celui-ci est loin de se manifester uniquement, comme il est trop souvent dit, des autochtones envers les allochtones (terme hypocrite désignant les étrangers plutôt musulmans) mais bien plus en fonction de rapport de forces en perpétuelle évolution qui de ce fait complexifient les données de ce fléau en ne permettant pas aux autorités d'y remédier rapidement, ce dont profitent les individus parfois volontairement en marge de la société afin de s'adonner à l'économie souterraine...

 

A défaut de rentrer dans le vif du débat, on s'efforcera de contourner le problème en pointant la fracture sociale et maintenant technologique ou encore les limites de l'expression des libertés censées ne pas heurter les susceptibilités de telle ou telle communauté.

La confrontation des idées via le dialogue n'est plus de mise et ce, paradoxalement, au moment où les moyens de communication sont aussi répandus et ouverts à presque tous de par le monde.

A l'opposé, les opinions se radicalisent et la violence que, pudiquement on qualifie de sentiment de violence, s'accroît globalement et ne régresse que localement au prix d'une répression sécuritaire dont la seule évocation hérisse un grand nombre de concitoyens dont le cadre de vie n'est en règle générale pas détruit ou dégradé quotidiennement.

 

La fin du racisme

 

 

A l'épreuve du temps, les racismes disparaissent d'eux-mêmes ou évoluent d'ethnies ou de groupes sociaux au fur et à mesure de la progression des niveaux de vie et surtout intellectuels des citoyens.

A titre d'exemple, souvenons-nous des racismes multiples entre les pays européens qui ont disparus.

A un degré moindre, on notera que la différence de traitement social infligée aux femmes s'est considérablement réduite sous quelques réserves préoccupantes en relation avec de nouvelles tensions cultuelles et communautaires qui ont toutes les chances de se renforcer dans les prochaines années faute de respect des lois démocratiques et absence de sanctions.

 

Choix de société

 

Le racisme fondé sur l'origine raciale reste électoralement très porteur dans ce qu'il est, en somme, assez marginal en comparaison du racisme sur base de la pratique très affichée de la foi ou croyances quelconques et ceci surtout dans des pays pour lesquels la laïcité est un pilier fondateur des constitutions.

L'affirmation de la suprématie de la foi sur les lois "civiles" impliquant ouvertement que seul  compte le respect de la religion tend à réinstaurer les différences entre les êtres en fonction de leur sexe et/ou la pratique de la religion.

Il s'agira de mesurer au fil du temps la capacité de nos dirigeants à exprimer clairement des principes essentiels de droits et devoirs d'une vie en commun dans le maintien des démocraties qui faute d'une stricte application  nous précipiterait dans une redoutable guerre des mondes

La glorification de sentiments et principes généraux nobles ne sera alors que vague souvenir de temps révolus. 

Resteraient les concerts de bons sentiments...

 

 

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