09/09/2006

Europe: Echec et mat.

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Depuis le refus de ratification de la Constitution européenne par les Pays-Bas et la France, la construction de l'Europe politique est stoppée et ne semble plus préoccuper nos très discrets élus européens.

Pouvait-il en être autrement?

A notre avis, au vu des intérêts nationaux voire régionaux de certains états disposant d'un pouvoir de décisions significatifs, il était assez évident que tout serait mis en oeuvre pour aboutir à cet échec.

La discussion sur l'entrée programmée de la Turquie nous apparaît comme une manoeuvre habile de rendre cette Europe totalement ingérable.

Le propos n'est pas de s'apesantir sur telles ou telles considérations ethniques, religieuses ou géopolitiques mais à bien considérer l'extension territoriale de l'Europe, n'eût-il pas été plus judicieux et historiquement défendable d'entamer des négociations d'entrée parmi les membres européen de la Russie.

L'impossibilté de fonctionner avec un nombre réduit d'Etats empreints de velléités nationalistes préfigure l'immobilisme vers lequel nous nous dirigeons en intégrant un nombre sans cesse croissant d'Etats dont la plupart sortent à peine de régimes opposés au fondements idéologiques et démocratiques de l'Europe occidentale.

Le choix du Président français, Mr Chirac, de soumettre la Constitution européenne au référendum populaire au lieu de passer par la voie parlementaire toute acquise au projet pourrait relever non pas d'une erreur ou d' un souci de consulter le "peuple" mais plutôt d'une manoeuvre visant à éviter que le premier Président européen ne soit un "autre ami de trente ans" en la personne de Monsieur Giscard d'Estaing.

Ce dernier étant non seulement le principal instigateur de ce traité mais également la personnalité la plus connue provenant d'un important pays fondateur, il s'imposait tout naturellement.

La perspective de laisser à Mr Giscard d'Estaing une telle reconnaissance de l'Histoire peut expliquer certaines décisions visant à l'en empêcher.

Il aura fallu attendre cette campagne électorale çi pour renouer avec un semblant de projet revu à la baisse mis au point par Mr Sarkozy.

La France agissant au sein de l'Europe avec une autorité lui permettant de refuser ou de cautionner les seuls projets qui lui conviennent sans que d'autres pays n'aient la capacité de s'y opposer, cette nouvelle proposition prépare une remise en chantier de la construction politique de l'Europe.

Une Europe qui  disposerait  d'un gouvernement et d'un président élus par un vote européen, agissant sur base d'un projet consensuel bénéficiant des capacités armées,scientifiques,économiques de chaque Etat la composant, gagnerait en efficacité et en crédibilité internationale.

Un géant économique représenté par un nain politique, voilà l'image que nous affichons actuellement au monde.

 

  

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